Pourquoi ?
De toutes celles que j’ai arrêté de fumer, c’est bien celle
qui me manque le plus. Les cigarettes associées à des gestes ou à des moments
sont difficiles à supprimer mais on peut changer d’habitudes pour ne plus êtres
tenté. J’ai, par exemple, arrêté de boire du café, qui n’a pas la même saveur
sans tabac. Mais faire l’amour, personne n’a envie d’arrêter ! « Non
je ne baise plus parce que je ne fume plus ». Pas très convaincant.
L’autre soir, vapotant frénétiquement sur mon tube électronique,
nue sur les draps moites, je réfléchissais à ce moment perdu ; cette
cigarette, cette fumée pleine de goût qui emplit des poumons heureux. En fait,
c’est un peu le moment où l’on se retrouve avec soi-même, après tant d’effusion
avec la chair de l’autre, tant de fluides échangés et de respirations
mélangées. Ce geste individuel permet de créer une barrière contre l’autre
–surtout s’il ne fume pas. La fumée, le risque de brûlure, empêchent le câlin
et vous isolent pour 6 délicieuses minutes.

