Un jour, le futur Maire de la Nuit nous a posé une question
judicieuse : « pour écrire, faut-il aimer ou haïr ? »
Comprenez « pour être inspiré », car cela fonctionne avec toute autre
forme de création. Je me suis plu à y réfléchir et suis tombée d’accord sur la
haine. C’est un peu brutal comme mot alors j’aimerais tempérer et élargir cette
problématique en disant : « pour créer, faut-il être heureux ou
malheureux ? ». Je choisis donc le malheur.
Je pense qu’il y a une nuance à souligner : lorsque nous
sommes heureux, l’envie de création est forte et l’inspiration suit, en
général. Mais lorsque l’on est malheureux, c’est plutôt dans l’autre sens,
c’est à dire que l’on a bien souvent envie de ne rien faire et pourtant, notre
génie et poésie sont fréquemment à leur paroxysme.