vendredi 8 novembre 2013

Faut-il être heureux ou malheureux pour créer ?


Un jour, le futur Maire de la Nuit nous a posé une question judicieuse : « pour écrire, faut-il aimer ou haïr ? » Comprenez « pour être inspiré », car cela fonctionne avec toute autre forme de création. Je me suis plu à y réfléchir et suis tombée d’accord sur la haine. C’est un peu brutal comme mot alors j’aimerais tempérer et élargir cette problématique en disant : « pour créer, faut-il être heureux ou malheureux ? ». Je choisis donc le malheur.
Je pense qu’il y a une nuance à souligner : lorsque nous sommes heureux, l’envie de création est forte et l’inspiration suit, en général. Mais lorsque l’on est malheureux, c’est plutôt dans l’autre sens, c’est à dire que l’on a bien souvent envie de ne rien faire et pourtant, notre génie et poésie sont fréquemment à leur paroxysme.

Le mythe des poètes et autres peintres dépressifs en atteste : Victor Hugo et Berlioz étaient tous deux maniaco-dépressifs, Van Gogh est mort des suites de sa dépression chronique et Munch, le bipolaire, retranscrivait ses angoisses sur ses toiles. En cherchant ces précisions, je suis tombée sur cette jolie citation :

De même qu’une perle naît d’une lésion de coquillage, ainsi la folie peut donner naissance à des œuvres incomparables.
[Karl Jasper]

La création artistique se présente alors comme un remède, un exutoire, un défouloir, une confidente et une véritable thérapie. C’est là encore où bonheur et malheur comme moteur se différencient : l’homme heureux créera parce qu’il veut partager sa joie tandis que l’homme malheureux créera parce qu’il en a besoin, pour lui, d’abord, avant tout partage.
Pourquoi est-ce un remède ? Certainement parce que l’on couche sur un support concret ce qui macère, enfermé dans un esprit depuis un certain temps. Cela permet de regarder les problèmes en face, physiquement. De les évacuer, les transposer, les regarder et les juger mieux. C’est un gain d’objectivité en somme. Ensuite, ces créations peuvent être intéressantes car notre capacité à dramatiser, comme un regain d’âme slave que nous n’avons pas tous, nous pousse à la spontanéité et au lâcher-prise. Pas ou peu de réflexions, source de sincérité ; pas de barrières, forcément source d’impulsivité. Et comme « la première impression est souvent la bonne » (comme cette file de caisse que vous avez malheureusement abandonné au Franprix hier), l’instinct donne de bons résultats.

Je parlerai de l’instinct une prochaine fois. Ça commencera peut-être comme ça :
L’instinct vous trompe rarement car l’instinct est souvent aidé de votre volonté. Cependant, l’instinct peut être biaisé et rendre d'autant plus malheureux qu'on ne le maîtrise pas totalement.

La boucle est bouclée vous pouvez recommencer du haut de la page.

Sinon, on parlera de cul mardi !


Un création culinaire sexuelle de Cupichon



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